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27 janvier 2011

Primequal : colloque sur la "qualité de l'air dans nos environnements de proximité" - Lyon, les 26 et 27 janvier 2011

Présentation de 9 projets de recherche pour mieux connaître et évaluer la pollution de proximité .

 Télécharger le communiqué de presse du 27/01/2011 (PDF -137 Ko)

Le Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) organisent à Lyon, ces 26 et 27 janvier 2011, un colloque sur le thème de « la qualité de l’air dans nos environnements de proximité », dans le cadre du programme de recherche inter-organismes pour une meilleure qualité de l’air à l’échelle locale – Primequal.

Les progrès techniques et les réglementations ont permis une importante diminution des niveaux de nombreux polluants ces vingt dernières années. Toutefois, les efforts doivent encore être poursuivis. Suite au Grenelle de l’environnement, de nombreuses mesures ont ainsi été mises en place et déclinées dans le deuxième Plan National Santé Environnement (PNSE 2).

Pour accompagner ces mesures, il est nécessaire de disposer de connaissances approfondies, allant de la caractérisation des émissions à celle des impacts sur la santé et l’environnement. C’est dans cette perspective que le programme Primequal soutient des recherches qui rassemblent des scientifiques de différentes disciplines : chimie, physique, métrologie, météorologie, biologie, toxicologie, épidémiologie, écologie, modélisation, statistiques, économie, sociologie, psychologie.

De nombreuses avancées scientifiques en termes de modélisation, de connaissance des processus physiques et chimiques ont déjà été réalisées dans le domaine de la qualité de l’air. De plus, les travaux épidémiologiques ont permis d’évaluer les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique à court et à long terme. Toutefois, l’ensemble de ces connaissances et outils disponibles ne permettent pas aujourd’hui de rendre compte à une échelle fine de l’exposition réelle de chaque individu au cocktail de polluants et à ses incidences sanitaires. De même, les travaux épidémiologiques menés en relation avec ces dispositifs ne permettent qu’une appréhension statistique de l’impact sanitaire des pollutions à court et à long terme.

La pollution atmosphérique est dite « de proximité », lorsqu’elle est principalement attribuable à des sources d’émission de polluants, fixes ou mobiles, situées au voisinage de la zone considérée. Ces sources sont essentiellement liées aux activités humaines (transports, activités industrielles, chauffage, déchets, agriculture, etc.). La notion de pollution de proximité concerne aussi bien l’air que nous respirons à l’extérieur qu’à l’intérieur des bâtiments et des moyens de transports.

C’est pour apporter des réponses à ces questions que, suite à un appel à propositions de recherche, neuf projets ont été lancés en 2006 sur la pollution de proximité. L’objectif du colloque est de présenter les résultats de ces travaux à un auditoire varié : gestionnaires, décideurs publics, industriels, associations, scientifiques, ...

Trois axes se dégagent de ces travaux qui sont illustrés ci-après par les résultats de quelques uns de ces projets qui seront présentés avec l’ensemble des autres projets lors de ce colloque et de façon détaillée sur le site du programme :
www.primequal.fr.

1. Vers une meilleure identification des sources de polluants

La mise en place de mesures de réduction des niveaux de concentration en polluants nécessite de connaître au préalable les principales sources de ces polluants. Dans des situations très contrastées, des travaux de recherche ont par exemple permis de montrer l’origine de certaines sources de polluants. Ainsi, à Grenoble en hiver, pendant la période considérée de deux semaines, la principale source de particules provenait de la combustion de biomasse. Pour une durée équivalente en été à Marseille, la source prépondérante des particules était d’origine secondaire (issue de polluants gazeux) et dans une moindre mesure directement émise par le trafic automobile.

2. Mieux évaluer l’impact sanitaire de l’exposition de la population à la pollution de proximité

Suite à une précédente étude écologique qui portait sur les malformations congénitales, on s’est aperçu que certaines catégories d’anomalies étaient plus fréquentes pour les populations habitant à proximité d’unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) et que ce risque augmentait aussi de façon linéaire avec la densité du trafic environnant.
L’un des projets conduit a montré que l’exposition totale aux NOx, traceurs de la pollution automobile est surtout corrélée à l’exposition au domicile en raison de la prédominance du temps passé en ce lieu, mais les variations individuelles, de 1,3 à 298,0 µg/m3 sont très importantes, principalement en raison du trafic de proximité.
Il a permis de montrer qu’a contrario des dépôts de dioxines issues des incinérateurs d’ordures ménagères, la densité du trafic n’a aucun lien avec l’incidence des malformations rénales congénitales.

3. Renforcer l’information des populations exposées pour une meilleure prévention

Les différentes études ont démontré le rôle clé d’une meilleure information dans la gestion par les populations, de l’exposition à la pollution de proximité. A titre d’exemple, la rhino-conjonctivite pollinique touche 10 à 20 % de la population en Europe et en France et sa prévalence a triplé en 25 ans.
Le projet a par exemple montré que les personnes prévenues du démarrage de la dissémination des pollens conservaient une qualité de vie meilleure durant le pic de graminées que celle du groupe témoin non prévenu.

Tous ces résultats ouvrent des perspectives encourageantes sur une approche de la qualité de l’air à l’échelle des individus et de leur environnement proche et sur le développement de mesures de gestion à ce niveau.

Retrouvez le détail des travaux de recherche présentés sur primequal2011.univ-lyon1.fr.